Note d'intention

    

J’ai remarqué que j’étais souvent très attiré par des histoires de contre-utopies, telles que le meilleur des mondes de Aldous Huxley, 1984 de Georges Orwell, THX 1138 de Georges Lucas ou encore plus récemment V pour Vendetta d’Alan Moore et David Loyd. Bien que nous en avons entendu forcément parler lors des différentes approches du projet, c’est à ces œuvres que j’ai automatiquement pensé après avoir entendu pour la première fois le mot « d’utopie ».

De ces références, j’ai donc retenu l’idée de l’homme, avec un grand H, enfermé et contraint, qui s’évade, ou du moins qui essaye. Peut m’importe s’il est véritablement enfermé entre quatre murs dans une mauvaise cellule, si c’est le système qui l’oppresse ou si ses barrières ne sont que mentales. Je veux parler de cet enfermement et de cet envie irrépressible d’évasion, et de liberté. Car si je suis enfermé, je n’aurais qu’une envie : c’est que demain, je soit libre.

A l’origine du projet, je voulais travailler sur une personne bien précise, fictive, mais à qui j’aurais donné une histoire, une vie, et des envies. Je voulait investir la cellule de ce personnage : monter le décor de son enfermement en calquant ses envies de liberté, de futur rêvé, sur le mur de sa cellule. Mais j’ai rapidement évoluer pour me tourner sur une vision plus métaphorique du prisonnier, de l’enfermé. Je n’ai jamais été incarcéré, et espérons le je ne le serais jamais. Je ne pouvais donc, malgré les quelques témoignages récoltés sur la toile, et les discussion avec des gens du métier, m’imaginer vraiment le milieu de la prison. Mon personnage s’est au fil du temps effacé, à perdu sa personnalité. Il est devenu une trace sur le mur, contraint par son environnement. J’ai en effet observé une œuvre de Jean LeGac qui, en peinture, à travaillé sur le mur d’une cellule avec des images de détenu passant la main à travers des barreaux de prison. J’ai donc eu envie à mon tour de travailler in-situe, au sein même de notre salle d’exposition.

Dans un couloir il y a une alcôve. Et dans cette espace, j’ai voulu dessiner la sombre silhouette d’un homme enfermé, contraint par cette alcôve. Sa tête absente laisse place à ses envies, ses pensées sous forme de petites cases en papier clouées et recouvertes de dessins. Ces dessins représentent des personnages qui vont réussir à s’échapper de l’alcôve. Sur le mur d’en face, ces images se rassemblent pour montrer un paysage imaginé, en construction, fruit de l’imagination du prisonnier qui rêve du monde où il sera libre. Pour ces images j’ai travaillé en m’imposant des thèmes pour chaque série : la chute, la fuite ou l’effort, ou encore des paysages comme la ville, le parc ou la forêt. Et ce pour donner cette impression de représentation fragmenté de l’imaginaire.
Le couloir permet d’être face à cette silhouette géante qui domine le spectateur. Sans pour autant pouvoir s’en éloigner, d’autant plus que le vis-à-vis avec l’autre installation empêche encore plus de pouvoir prendre du recul. On est face au prisonnier, et lui-même nous écrase.


Ces cases ressemblent étrangement à des cases de bande dessinée. Et si j’ai voulu travailler le travail in-situe et le dessin installé dans un espace d’exposition, j’ai aimé relié ça à mes principaux amour : le dessin narratif et la bande dessinée. Ça m’a rassuré de travailler dans ce domaine, car si j’ai eu l’impression de m’y perdre, je pouvais toujours penser que c’était une simple bande dessinée.