Le rêve du Prisonnier

01 octobre 2012

Note d'intention

    

J’ai remarqué que j’étais souvent très attiré par des histoires de contre-utopies, telles que le meilleur des mondes de Aldous Huxley, 1984 de Georges Orwell, THX 1138 de Georges Lucas ou encore plus récemment V pour Vendetta d’Alan Moore et David Loyd. Bien que nous en avons entendu forcément parler lors des différentes approches du projet, c’est à ces œuvres que j’ai automatiquement pensé après avoir entendu pour la première fois le mot « d’utopie ».

De ces références, j’ai donc retenu l’idée de l’homme, avec un grand H, enfermé et contraint, qui s’évade, ou du moins qui essaye. Peut m’importe s’il est véritablement enfermé entre quatre murs dans une mauvaise cellule, si c’est le système qui l’oppresse ou si ses barrières ne sont que mentales. Je veux parler de cet enfermement et de cet envie irrépressible d’évasion, et de liberté. Car si je suis enfermé, je n’aurais qu’une envie : c’est que demain, je soit libre.

A l’origine du projet, je voulais travailler sur une personne bien précise, fictive, mais à qui j’aurais donné une histoire, une vie, et des envies. Je voulait investir la cellule de ce personnage : monter le décor de son enfermement en calquant ses envies de liberté, de futur rêvé, sur le mur de sa cellule. Mais j’ai rapidement évoluer pour me tourner sur une vision plus métaphorique du prisonnier, de l’enfermé. Je n’ai jamais été incarcéré, et espérons le je ne le serais jamais. Je ne pouvais donc, malgré les quelques témoignages récoltés sur la toile, et les discussion avec des gens du métier, m’imaginer vraiment le milieu de la prison. Mon personnage s’est au fil du temps effacé, à perdu sa personnalité. Il est devenu une trace sur le mur, contraint par son environnement. J’ai en effet observé une œuvre de Jean LeGac qui, en peinture, à travaillé sur le mur d’une cellule avec des images de détenu passant la main à travers des barreaux de prison. J’ai donc eu envie à mon tour de travailler in-situe, au sein même de notre salle d’exposition.

Dans un couloir il y a une alcôve. Et dans cette espace, j’ai voulu dessiner la sombre silhouette d’un homme enfermé, contraint par cette alcôve. Sa tête absente laisse place à ses envies, ses pensées sous forme de petites cases en papier clouées et recouvertes de dessins. Ces dessins représentent des personnages qui vont réussir à s’échapper de l’alcôve. Sur le mur d’en face, ces images se rassemblent pour montrer un paysage imaginé, en construction, fruit de l’imagination du prisonnier qui rêve du monde où il sera libre. Pour ces images j’ai travaillé en m’imposant des thèmes pour chaque série : la chute, la fuite ou l’effort, ou encore des paysages comme la ville, le parc ou la forêt. Et ce pour donner cette impression de représentation fragmenté de l’imaginaire.
Le couloir permet d’être face à cette silhouette géante qui domine le spectateur. Sans pour autant pouvoir s’en éloigner, d’autant plus que le vis-à-vis avec l’autre installation empêche encore plus de pouvoir prendre du recul. On est face au prisonnier, et lui-même nous écrase.


Ces cases ressemblent étrangement à des cases de bande dessinée. Et si j’ai voulu travailler le travail in-situe et le dessin installé dans un espace d’exposition, j’ai aimé relié ça à mes principaux amour : le dessin narratif et la bande dessinée. Ça m’a rassuré de travailler dans ce domaine, car si j’ai eu l’impression de m’y perdre, je pouvais toujours penser que c’était une simple bande dessinée.

 

 

 

 

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19 décembre 2012

Premiers grands dessins, sur le thême du prisonnier.

 

 

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07 janvier 2013

Les contre utopies

Mes quelques références dans le domaine de la fiction

 

Dans ce sujet sur l'enfermement, je m'inspire de plusieures oeuvres de la littérature, ou du cinéma. 

Demain, je serai libre. Beaucoup d'oeuvre ont déja parlé de ce thême là, assez récurent dans la pensée humaine. Celles qui me touchent, sont en général les contre utopies telles que Le meilleur des mondes de Aldous Huxley, 1984 George Orwell ou THX 1138. Spécialement THX 1138, de Georges LUCAS. 

Dans ces histoires, les personnage sont aussi enfermés dans un monde ultra dictatorial qui en vient à brider leur humanité en les conditionnant que dans leur propre tête. Les héros eux, brisent leurs chaînes, s'évadent, font fi de leur propre monde pour pouvoir s'échapper à ce monde. Leur besoin de liberté se fait si fort qu'ils détruisent tout liens qui les retiennent à leur société. 

 

le meilleur des mondes

1984

THX 1138

thx 1138

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Premiers croquis

Les premiers croquis 

 

vrac vie parfaite

vrac vie parfaite 2

Monstre4

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Témoignages de prisons

Quelques témoignages sur le monde carcéral.

 

Je suis en prison depuis 13 mois.
"Pour moi, l'une des choses les plus dures a été l'attente, lorsqu'on demande quelque chose à un surveillant en début d'après-midi et qu'il te fait attendre la fin de journée pour daigner répondre, enfin lorsqu'il voulait bien le faire.
Nous sommes quand même en 2010 et il y a certains bâtiments qui n'ont pas d'eau chaude, des vitres cassées, un sanitaire au vu de tous.
Il y a aussi eu le fait que 3 jours avant ma libération, on m'a fait tombé 2 mois de sursis que j'avais pour une autre affaire et je ne suis pas le seul dans ce cas là, cela arrive toutes les semaines.
Quant à l'intimité dans les parloirs, elle n'existe pas, on ne peut même pas prendre sa femme dans ses bras, ne pas dépasser la table en bois que l'on ose à peine toucher vu l'hygiène des lieux, des tables qui sont normalement interdite selon la loi européenne.

ANONYME

 

J’ai été incarcéré le 27 juillet 2006 à Saint-Paul, raconte-t-il. Lorsque vous arrivez, vous laissez votre pécule à l’entrée, mais toute la prison sait immédiatement que vous avez de l’argent. J’avais 1 500 euros. Je me suis retrouvé dans une cellule de deux, où nous étions cinq en tout. Le premier soir, il ne s’est rien passé. Le lendemain, le plus âgé est resté dans la cellule avec moi pendant que les autres allaient en promenade. Il m’a dit : "Si tu veux être protégé, tu devrais te mettre avec moi, tu éviteras les ennuis." J’ai fait la bêtise d’accepter. On a fait ça, puis les autres sont remontés de promenade et il leur a raconté, en arabe. Après, ils m’ont violé pendant quatre jours et obligé à cantiner pour eux, à commander des cigarettes. Ils menaçaient de faire des tournantes dans les douches si je refusais. L’auxiliaire d’étage a fini par prévenir le directeur et j’ai été transféré à Villefranche, où j’ai été hospitalisé pendant dix jours.»

Vincent Stasi n’a pas porté plainte. Par peur des représailles, explique-t-il. Les viols à Saint-Paul doivent cependant être évoqués le mois prochain devant la commission plénière du comité européen pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe.

Isolement. A Villefranche, Vincent Stasi a été placé dans un bâtiment où l’on regroupait les détenus incarcérés pour des affaires de mœurs. «Mais ils ne voulaient pas être comparés à moi, poursuit-il. J’étais trop efféminé. Ils ont détourné vers moi l’attention des jeunes Arabes qui s’en prenaient à eux. En prison, il y a un amalgame complet, pédé veut dire pédophile. Ils me traitaient comme un violeur d’enfants. Certains gardiens me désignaient en me parlant au féminin, en m’appelant "la blonde".»

Brimades et agressions auraient duré plusieurs mois. L’administration aurait refusé un placement à l’isolement parce qu’elle le jugeait «vulnérable», elle craignait un suicide. «En prison, plus les gens sont jeunes, plus ils sont violents, décrit Vincent Stasi. Parce qu’ils ont peur. La nuit, vous entendez les cris de ceux qui se font violer. Personne ne dénonce, par peur des représailles.» Lui aurait régulièrement subi des agressions, jusqu’à une tentative de suicide, en juillet 2007. «On m’a alors laissé tout seul dans une cellule quelque temps. Je ne sortais pas, je n’allais pas aux douches, pas en promenade, pour ne pas être agressé. Je me repliais sur moi-même.» Un jour qu’il allait voir le psy, un détenu lui aurait écrasé sa cigarette près de l’œil. «Brûlure de cigarette par écrasement sur le bord externe de l’œil gauche», relève un certificat médical du 1er février 2008.

Un codétenu a ensuite été placé avec lui, en mars. Un type qui suivait, selon lui, «un traitement lourd», et se revendiquait du Front national. «Il disait qu’il ne voulait être ni avec des gris, ni avec des pédés.» Les coups auraient duré trois semaines dans le huis clos de la cellule. L’homme l’aurait forcé à porter une étoile rose avec son numéro d’écrou. Il l’aurait brûlé entre le pouce et l’index, avec un ciseau chauffé au briquet. Il montre la cicatrice. Le 6 avril, le service médical a noté les «volumineux hématomes» et prévient le directeur. Stasi avait perdu six kilos.

Il a fini par écrire. A des journaux, à la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), qui a saisi l’Inspection générale des services pénitentiaires. «J’ai aussi contacté le contrôleur général des prisons et j’ai tout raconté. C’est lui qui a exigé que je sois placé à l’isolement.» Vincent Stasi sortait d’une grève de la faim, il avait encore perdu douze kilos. Puis l’un de ses voisins de cellule s’est suicidé.

Urgences. Ces dernières semaines, la maison d’arrêt de Villefranche a connu deux suicides par pendaison et un homme est dans le coma après une ingestion de médicaments. Vincent, lui, est sorti samedi. Avec 1,88 euro en poche. Un médecin de l’unité de consultation et de soins ambulatoires l’a conduit aux urgences psychiatriques. Il a été transféré dans un autre hôpital, qui le garde jusqu’à lundi. Il s’y repose. «Je ne sais pas si j’aurais la force de revivre, dit-il. Je voulais témoigner en sortant pour qu’on ne laisse plus faire ça.»

Olivier BERTRAND

 

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19 janvier 2013

Premières recherches sur le mur

J'ai commencé à punaiser mes recherches sur le mur. Je voulais travailler sur l'accumulation des pensées d'un prisonnier fictif. Des pensées, des envies, des images, qui, une fois sorties de sa tête se seraient retrouvées collée au mur de sa cellule, à ronger cette barrière.

 

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Le Gac et di Rosa au parloir. Les deux artistes ont travaillé en prison sur commande.

Villeneuve-lès-Maguelone envoyée spéciale

La commande artistique doit être inaugurée aujourd'hui, un an environ après son achèvement. Le contexte très particulier explique sans doute le délai: les oeuvres ont, en effet, été réalisées au sein de la prison de Villeneuve-lès-Maguelone, située dans un no man's land près de Montpellier. Et, pour de l'art en prison, il n'y a pas vraiment de bon moment. Surtout quand il s'agit d'une commande, donc d'argent dépensé (même si cet argent ne pouvait bénéficier qu'à un projet de ce type) pour une maison d'arrêt, qui s'est bâti la pénible réputation d'être la première à avoir vu naître un syndicat FN de gardiens de prison.

Aujourd'hui, cette inauguration a lieu quasiment sans public: d'ailleurs, la commande n'est point destinée au public, ni aux amateurs d'art. L'oeuvre conjointe, complice, digne et généreuse de Jean Le Gac et d'Hervé di Rosa, deux artistes français appartenant à deux génération différentes, n'est pas non plus (du moins pas directement) destinée aux prisonniers, puisqu'elle prend place dans les parloirs, couloirs, cabines, ces lieux où les détenus rencontrent leurs familles. S'ils en ont.

Lieux d'échange. Il ne fait pas bon, en effet, ne pas avoir de famille dans une maison d'arrêt. C'est pourtant la condition de plus de la moitié de la population de Villeneuve-lès-Maguelonne, où sont incarcérés plutôt des prévenus que des condamnés, hommes ou adolescents mineurs en attente de jugement; d'où le grand «turnover» (comme dit le tout nouveau directeur) des détenus, qui ne restent pas ici très longtemps. Ainsi, aux parloirs des mardi, mercredi, vendredi et samedi, 45 000 proches se présentent chaque année. C'est pour ceux-là ou plutôt pour celles-là qu'est partie la demande. La prison, construite il y a dix ans, au sein du projet «13 000» (13 000 places), n'avait initialement aucun lieu d'accueil prévu pour ces familles. L'association Aviso (visiteurs des prisons) avait donc déjà arraché à l'administration la construction d'un espace pour que les visiteurs n'attendent pas dehors.

Commande. C'est alors qu'intervient Jean-Marie Bénézet, «médiateur» local de la fondation de France, laquelle a dans son programme culturel une ligne «nouveaux commanditaires». Il va inscrire la prison, en étroite concertation certes avec la direction culturelle des affaires régionales, mais surtout avec les intervenants dans la prison: la sous-directrice, quelques surveillants, trois avocats et deux associations demandeuses. Outre l'Aviso, il y a en effet l'association «Relais enfant-parent», qui se charge de rétablir le lien entre un père en détention et un enfant seul («soit que la mère a divorcé du détenu, qu'il y a des problèmes familiaux ou encore que le détenu a tué la mère», explique-t-on). La demande va être formulée, d'un «besoin de poésie, d'égards"»; d'un travail «qui ne sublime pas l'intérieur». Le choix de Jean Le Gac et d'Hervé di Rosa, deux artistes «narratifs», travaillant avec des images, impose réciproquement à ces artistes eux-mêmes de corriger les idées parfois héroïques qu'ils se font.

Bouleversant. Jean Le Gac se dit «sidéré» par l'aspect plombé des lieux. Il a pris en charge les accès, couloirs, escalier et sas d'entrée et de sortie. Di Rosa s'est chargé, avec une assistante et quelques jeunes détenus, de peindre l'intégralité des huit minuscules «cabines» servant de parloirs aux familles avec enfant. Il a aussi aménagé et repeint le fameux «parloir père-enfant». On a du mal à imaginer la sordidité dépressive inscrite sur les murs avant leur transformation. Car les critères d'intervention de Jean Le Gac, «peintre» de son état, ont d'abord été spatiaux: faisant peindre les murs de blanc, il a «estompé» le blanc pour passer à un ocre rouge; mais toujours au milieu d'un mur, jamais dans un angle droit. Il a choisi d'«ouvrir la boîte» en brisant toutes les lignes, tous les angles, autant pour le mobilier qu'il a construits que pour les «grappes» de luminaires (de simples plafonniers auxquels l'artiste et sa femme ont intégré de ludiques petits morceaux de verre coloré). «J'ai placé quatre tableaux et 150 photographies pour faire le lien ["] j'ai pris ma famille.» Le résultat est bouleversant.

Dans un musée, l'intimité d'un artiste reste toujours à distance, comme une thématique abstraite. Ici, la famille de Le Gac est à sa place, à égalité avec celles qui se réunissent brièvement. Hervé di Rosa a quant à lui installé un univers de petits monstres familiers s'esbaudissant dans des champs d'herbe et de papillons multicolores, charmants comme des télétubies sans télévision.

Le résultat est clair: «ça ne change pas la prison.» Les artistes insistent sur la modestie de leur intervention, en regard de la problématique de l'incarcération. C'est peut-être là que se situe la grande dignité d'un projet, qui, s'il ne proposait simplement que des images pour faire parler, réagir, interagir ces enfants et ces pères, produirait déjà beaucoup d'effets.

Par LEBOVICI ELISABETH, 

http://www.liberation.fr/culture/0101279064-le-gac-et-di-rosa-au-parloirles-deux-artistes-ont-travaille-en-prison-sur-commande

 

 

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Vladimir Velickovic

REFERENCE

Vladimir Velickovic est une de mes principales références en ce qui concerne le dessin. J'y voit dans ses corps un effort déchirant, une course effrénée où tout les muscles sont tendus. Ses "explosions anatomiques" me font penser à des corps enfermés en eux même ainsi que dans la surface du dessin. Ce côté planche anatomique révele les dessous de ces hommes et femmes, tous rabaissés à de simple silhouettes voulant se soustraire à notre regard. 

 

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Ernest Pignon Ernest

REFERENCE

 

Ernest Pignon Ernest reste une importante référence pour moi, ainsi que dans ce travail. Ces personnages placés en ville, en situation de vie, reste dans leur morceaux de papier marouflés, éternels spectateur observant par la fenêtre de leur vision, sans jamais pouvoir entrer dans le monde réel, même si dans le travail de Ernest Pignon Ernest, la frontière entre le réel et l'oeuvre d'art se fait plus fine...

 

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29 janvier 2013

Croquis préparatoires au projet

Voici les premiers croquis préparatoire du projet. J'essaye les compositions des ou du personnage, ainsi que différentes positions. Il faut s'imaginer que le personnage fera approximativement une taille de 2m, 2m30.

 

croquis1

croquis2

croquis3

croquis4

croquis5

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